Femme de people, saison 1, épisode 3 : 

Le moulin de Sophie

Résumé : Il y a trois mois, Alice a, coup sur coup, perdu son boulot et son fiancé. C’est à ce moment-là, bizarrement, qu’un miracle se produit…

Chouette comme il est, Didier m’avait dégoté un petit travail de traduction, pas passionnant, mais qui avait l’avantage d’être payé (j’ai été prof d’anglais). Comme j’étais très-très serrée niveau budget, j’ai mis mon appart sur Airbnb et demandé à Sophie si je pouvais m’installer au moulin. Ca faisait deux ans qu’elle essayait de le vendre, mais vu la taille gigantesque de la propriété et sa situation au trou du cul du Poitou, l’investissement était pas trop évident. L’endroit restait sacrément beau, dans une sorte de petite île, prise entre les deux bras d’une rivière. Autour, il y avait des bouleaux, à perte de vue, une vraie forêt où batifolaient des chevreuils. Comme d’hab, j’ai pris la chambre du haut, qui est aussi celle du loir. L’a tendance à faire un peu la java, la nuit, mais, au bout d’un moment, on s’habitue au crincrin qu’il fait sous le toit. Pour pas perdre de temps sur la trad’, j’ai fait efficace : lever 8 heures, et boulot-boulot jusqu’à 19 heures, avec une pause déjeuner et un petit verre de blanc frais, histoire de faire glisser. En vrai, j’étais bien. Je travaillais sous le parasol, dans le jardin. De temps en temps, j’allais au village faire des courses. Le soir, j’écoutais de la musique, et je m’endormais comme un bébé.

J’étais en train de relire ce que j’avais pondu quand, un après-midi, j’ai vu une barque approcher et longer la maison sur la gauche. Ca arrivait de temps en temps : les gens continuaient droit devant, se retrouvaient coincés par les arbres deux kilomètres en amont et faisaient ensuite demi-tour. Bizarrement, il ne s’était pas écoulé cinq minutes que, déjà, mon visiteur réapparaissait, à droite de la maison, cette fois. Pile en direction de la roue du moulin ! J’ai couru comme une dératée, balancé mes pompes, et j’ai plongé. Sophie m’avait montré comment faire en cas de pépin. Je ne sais pas comment, j’ai réussi à stopper la barque juste avant qu’elle ne soit emportée. « Vous avez pas vu le panneau « Danger » ?! Zêtes complètement dingue ! », j’ai hurlé au type, avant de le dévisager… Ce regard vert dur, cette bouche ourlée-boudeuse, ces taches de rousseur, cette mâchoire si mâle, si homme… Ahaaa ! Mais qu’est-ce que MICHAEL OWEN foutait là ?



Publié sur elle.fr le 28 juillet 2015