Femme de people, saison 1, épisode 1 : 

L'hallali

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Olivia a été la première à appeler. Et puis, il y a eu Sébastien, Aude, Charlie, mes parents… Evidemment, personne n’était au courant — même à Oli, je n’avais rien dit —, il a fallu expliquer, rigoler, faire semblant de trouver ça très drôle et vraiment, vraiment pas important… Comme le téléphone n’arrêtait pas de sonner, j’ai coupé le son. Et puis, j’ai éteint, carrément. Michael était peut-être en train d’essayer de me joindre… Il était peut-être, aussi, en train de me rayer de ses contacts, définitivement. J’ai bu une, deux, trois tasses de thé, en fixant le téléphone. Longtemps. En l’espace de deux heures, l’article — les photos — étaient sur tous les réseaux, et le hashtag #MichaelOwen n°2 dans les trends de Twitter. De 784, j’étais passée à 1302 abonnés qui, visiblement, ne me voulaient pas que du bien. Ca allait du message goguenard envieux hargneux à l’insulte à caractère sexuel, en passant par tout un tas de montages photos très, très distingués. Je suis allée illico dans les paramètres pour supprimer mon compte, au moment de cliquer, je me suis arrêtée : dans les pages de « Wouala », mon nom n’apparaissait nulle part, ils avaient fait comment, ces chacals, pour remonter jusqu’à moi ?

Quand j’ai ouvert Facebook, j’ai compris. Sous le dernier clip de Rihanna que j’avais posté une semaine plus tôt (4 « like »), une trentaine d’ « amis » avaient utilisé l’espace commentaire pour m’adresser leurs « sincères félicitations » avec tout plein de jolis emojis... De rage, j’ai fermé l’ordi. Allumé une clope, aussi. Normalement, je ne fume que le soir. Je déteste la cigarette au réveil. Comme prévu, c’était dégueu, ça faisait du bien, aussi. Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé, comme ça, à penser à rien, sinon à cette p… de couverture et à toutes ces images de Michael et moi. Je ne me souviens que d’une chose : le cendrier était plein quand, d’un coup, l’Interphone a sonné.



Publié sur elle.fr le 14 juillet 2015