Femme de people, saison 2, épisode 7 : 

La clause

Résumé : En voyant le comportement étrange d'Evangelina Belle dans la cuisine, Alice s'est retranchée dans sa chambre quand elle entend un cri suivi d'un choc sourd.


Dans la cuisine, le vaisselier était renversé. Les assiettes, les plats, les verres qu’on venait d’acheter chez Astier, tout avait l’air brisé, en miettes — j’en aurais pleuré. Recroquevillée sous la table en position fœtale, Evangelina Belle se balançait d’arrière en avant, en marmonnant des paroles incompréhensibles. Matt agenouillé lui caressait les cheveux doucement, lui parlait comme à un enfant. Michael m’a tirée par le bras : « Avec Evie, on ne sait jamais ce qui peut arriver, il vaut mieux les laisser. Matt sait quoi faire de toute façon ». —« Tu veux dire que ça arrive souvent ? » D’un doigt, Mike m’a fait signe de me taire. Dans le buffet du salon, il a pris une bouteille de Bourbon : « Viens, on va se coucher. En haut, on pourra parler ».

Seul l’entourage proche des Belle-Bid était au courant des crises d’Evangelina. Payées grassement, les personnes qui travaillaient à leur service devaient signer une clause de confidentialité très stricte pour être engagées. C’est Donna, qui gérait aussi la carrière de Matt, qui s’était chargée de la rédiger. En gros, le personnel ne devait plus avoir aucun contact avec l’extérieur : leur famille, leurs amis, leurs fiancé(e)s, ils pouvaient tous les oublier. Il y a quelques années, une nurse et un cuisinier avaient tenté de faire sortir des infos dans la presse. Très vite, on ne sait pas comment, on n’en avait plus entendu parler. En disant cela, Michael a saisi la bouteille de Bourbon et bu trois grosses gorgées. « Matt m’a demandé de prévenir Donna », a-t-il fini par lâcher. —« Et quoi ? Moi aussi, j’ai dit en riant, faut que je signe un papier ? » Mike s’est renfilé une, deux, trois gorgées de Bourbon. « Arrête ! Tu vas te noyer ». J’ai posé la bouteille par terre, l’ai pris dans mes bras. D’un coup, j’ai senti quelque chose en lui qui lâchait : « Alice, je tiens à toi. Vraiment. Je ne veux pas que tu souffres, que tu te sentes obligée de quoi que ce soit. Mais j’ai ma carrière… et j’ai besoin de Donna. Les sentiments, elle ne sait pas ce que c’est. J’ai eu beau lui dire que tu ne dirais rien, que j’avais confiance en toi, elle n’a pas oublié que tu es journaliste — faut reconnaître que ça aide pas… » —« Et c’est quoi qui aiderait, tu peux me dire ? » D’un coup, j’ai repoussé Mike. « Qu’est-ce qu’elle veut, la sangsue ? Qu’on se sépare ? Ca change rien au fait que j’ai vu l’autre dingue en pleine crise. C'est pas très logique, tout ça… » —« Justement… » —« Justement, quoi ? » —« Donna veut qu’on annonce nos fiançailles ».