Femme de people, saison 2, épisode 3 : 

Sortir

Résumé : Pour redorer l'image, passablement esquintée, de Michael après la couv' de "Wouala", Donna, son agent, a calé une interview avec le magazine "Vanity". Alice n'a plus droit à l'erreur.



Il y a des moments où j’oublie complètement que je suis la « fiancée » de Mike. Quand il apparaît tout d’un coup, je ne vois plus l’homme avec qui je vis, mais l’acteur, la « superstar ». Je me sens toute petite, je rougis, je ne sais plus quoi faire de mes mains, mes bras, mes pieds. Je le vois arriver vers moi comme dans un film au ralenti, il me regarde, me sourit, m’enlace, et moi, je le serre très fort, j’enfouis ma tête dans son cou pour ne pas qu’il sente, qu’il voie comme je tremble. Tout serait foutu, je le sais, s’il devinait ce qui, alors, se passe en moi. A part les tordus, je ne connais personne qui soit attiré par quelqu’un qui se laisse impressionner, dominer. L’interview avec « Vanity » était fixée dans quinze jours. Ca me laissait un peu de temps pour souffler, me préparer. Mike, heureusement, était plus tendre et fougueux que jamais.

Après dix jours d’amour un peu foufou dans une maison vide, un beau matin, quand même, on s’est dit que ce serait bien d’un peu la meubler. Mike était plutôt contemporain, j’aimais pas mal l’ancien, du coup, on a décidé de mixer les deux, on verrait bien ce que ça donnerait. Rue Saint-Honoré, il y avait une boutique que j’adorais, Chez Astier. Chaque fois que j’y allais, j’étais un peu comme une gamine dans un magasin de jouets : j’avais envie de tout mais c’était tellement cher que je ne pouvais rien acheter. Mike avait envie de voir à quoi ça ressemblait, je ne me suis pas fait prier. C’était notre première sortie. Comme il fallait rester discret, Michael a mis des lunettes, une casquette, ça m’a fait hurler de rire. Lui, rigolait pas trop, trop : « Si tu savais, disait-il. Si tu savais… » En voyant comme il se raidissait à mesure qu’on approchait de la porte donnant sur la rue, je me suis mise à baliser : « On va prendre des Vélibs, j’ai dit. C’est plus drôle, et puis on pourra bouger comme on veut ». Dans la rue, jusqu’à la station, on n’a croisé quasi personne. On est parti tranquillement, moi devant, lui derrière. Vingt minutes plus tard, on était arrivé. Tout s’était très bien passé.

Dans la boutique, Mike a gardé sa casquette et ses lunettes. Comme je m’y attendais, il a tout de suite aimé : la vaisselle, la déco, le mobilier. On a commandé une console pour l’entrée, une commode et une bibliothèque pour le salon, des lampes, des lustres, un service en céramique, des verres et tout plein d’objets un peu étranges mais très beaux. J’étais aux anges, tout excitée : j’avais l’impression qu’on m’avait offert tout ce dont j’avais toujours rêvé. D’un coup, la vendeuse s’est précipitée vers la porte et l’a verrouillée : dehors, un type était appuyé contre la vitre et nous dévisageait. Une fille prenait des photos. Au bout de cinq minutes, ce n’était plus deux mais vingt personnes qui nous scrutaient à travers la vitrine, nous photographiaient ou téléphonaient. On s’est rapatrié vite fait au fond de la boutique. « Si on sort maintenant, a soupiré Mike, on va encore se retrouver à la une de « Wouala ». Donna ne te le pardonnera pas. Tu as une suggestion, ma puce ? »