Femme de people, saison 2, épisode 1 : 

Alice au pays de Michael

Résumé : Alice est journaliste, au chômage. Partie se mettre au vert dans un moulin du Poitou, elle sauve la vie, sans le savoir, à l’acteur irlandais multi-oscarisé Michael Owen, fraîchement divorcé. Entre eux, une idylle naît, un peu folle, dont s’empare aussitôt la presse people. Après un long silence, Michael, parti à Londres, réapparaît et propose à Alice de s’installer avec lui, dans une maison qu’il vient d'acheter à Paris.  Un poil inquiète de se faire dévorer toute crue, Alice, amoureuse, décide malgré tout de relever le défi.

 

S’installer avec un homme au bout de quinze jours, c’est un peu court. Avec une star qui fait fantasmer la Terre entière et qui vient de divorcer, ça ressemble pas mal, voire franchement, à une opération kamikaze. Comme je suis un peu cintrée mais pas complètement brindezingue, j’ai gardé mon appart sous les toits et continué de le louer sur Airbnb. Au cas où Mike arrêterait d’être gentil, j’aurai déjà une solution de repli. 

Quand on est une grande fille toute simple, qu’on a appris à se bagarrer pour avoir (pas toujours) ce qu’on veut, ça fait bizarre de voir, d’un coup, tous ses souhaits exaucés. On pourrait croire que c’est facile, comme ça. C’est beaucoup plus compliqué qu’il y paraît. Michael avait une fortune estimée à 150 millions d’euros. En plus d’une maison à Londres et d’un appartement à New York, il possédait un manoir dans le Derbyshire, un domaine en Sicile et maintenant ce petit bijou de tuiles XVIIIe en plein cœur de Paris. Je ne sais pas ce que Kirsten, son ex-femme, avait obtenu du divorce (ça ne me regardait pas, ne m’intéressait pas tellement non plus), mais vu la hargne avec laquelle l’avocat de Michael défendait ses intérêts, le gâteau n’était pas prêt d’être mangé. Bien sûr, c’était excitant, cette nouvelle vie, ce sentiment de pouvoir tout faire, tout avoir, de pouvoir, surtout, vivre autre chose que ce que l’on vit normalement. Une petite voix me murmurait pourtant que, puisque je n’étais ni riche ni célèbre — a fortiori au chômage ! —, puisque mon capital se résumait à moi et à moi seule, ma seule chance de tenir à peu près le choc était de rester telle que j’étais. C’est-à-dire normale. Pas nature, ravie de la crèche, mais normale — naturelle, quoi. Comment on reste naturelle dans une situation qui ne l’est vraiment, vraiment pas ? Voilà une putain de question à laquelle je me serais bien passée de trouver une réponse.

Depuis une semaine que j’avais emménagé, Michael et moi ne nous étions pas quittés. Mis à part un perroquet dans l’entrée, la cuisine entièrement équipée, le canapé, les palettes, la table Saarinen, quelques chaises et un matelas, la maison, rue du Pré-aux-belles, était vide. 400 m2 sur trois niveaux, en plus de 200 m2 de jardin, ça fait une belle aire pour jouer, et on ne s’en privait pas. Pour trouver où installer notre chambre idéale, il suffisait de déplacer le matelas. Après avoir longuement hésité, nous avions finalement opté pour la chambre tout au fond du couloir, au premier. Une nuit, il devait être trois-quatre heures du matin, quelque chose, je ne sais pas quoi, m’a réveillée. La place de Mike était vide, la lumière dans l’escalier allumée. Au rez-de-chaussée, on n’entendait pas un bruit. La porte de la cuisine, toujours ouverte d'habitude, bizarrement, était fermée. J’ai tourné la poignée : Michael était là, avec une fille, une espèce de beauté à gifler.