Femme de people, saison 2, épisode 9 : 

L'essayage

Résumé : Alice doit-elle se fiancer avec l’acteur mega-star Michael Owen ? Pour le savoir, elle a un plan. Mais Donna n’est pas la seule à vouloir la piéger…


Quand le réveil a sonné à 8 heures, je me suis levée comme une fleur. La journaliste et le photographe de « Vanity » devaient passer en début d’après-midi pour des essayages, avant l’interview et la séance photo le lendemain. J’avais envie que la maison, même vide aux deux tiers, en bordel, soit belle. J’avais aussi envie d’avoir du temps pour moi, me bichonner, quoi. J’ai laissé Mike maugréer, m’appeler, et je suis descendue me faire un café. Dans la cuisine, bizarrement, il n’y avait plus aucune trace de ce qui s’était passé la veille. Le vaisselier était à sa place, même les assiettes, les tasses et les verres brisés avaient été remplacés. Sur la table, il y avait un bouquet tout petit, ravissant, jaune et blanc. Au milieu, un mot : « Je suis désolé », signé Matt. J’ai souri et je me suis préparé un plateau pour prendre le petit-déjeuner dans le jardin. La journée commençait bien.

A 15 heures pile, « Vanity » a débarqué. Mike a embrassé Susan, la journaliste : « On en a fait des choses, tous les deux ! », a-t-elle appuyé en me regardant de la tête aux pieds, comme un objet. « Oh, mais c’est vous, alors, qu’on doit interviewer ! », j’ai fait avec un grand sourire, en la regardant droit dans les yeux. David, le photographe était mort de rire. D’un mouvement de cils, Michael m’a fait signe de calmer le jeu. Je me suis tournée vers David : « Vous m’en voulez si je vous laisse visiter la maison avec Mike ? Pendant ce temps, je vais jouer à « Pretty Woman » avec Susan. Je sens qu’on va s’amuser comme des folles, toutes les deux… »

Kirsten Monad, l’ex-femme de Mike, avait défilé pour les plus grands avant de créer sa propre maison de couture. Sur la vingtaine de tenues que Susan avait apportées, la moitié, comme par hasard, était griffée « KM », et l’autre absolument immettable. Cette pétasse aurait voulu me piéger qu’elle ne s’y serait pas prise autrement. « Vous connaissez Donna, je lui ai demandé. L’agent de Michael, vous voyez ? » D’un coup, Susan est devenue blême. « Donna tient beaucoup à cette interview. On pourrait lui demander son avis sur les vêtements que vous avez choisis, qu’est-ce que vous en pensez ? » —« Inutile de l’appeler, a bêlé l’autre. Dites-moi ce que vous voulez, vous l’aurez ». Je ne me suis pas fait prier. Des escarpins avec des talons de douze, des ballerines, des cuissardes en daim, en lézard, un jean, une marinière, une combi d’aviateur, une jupe crayon, un smoking Saint-Laurent, une robe de princesse rouge en plumes d’autruche, un fourreau en dentelle de Calais, des bijoux… j’ai demandé tout, absolument tout ce qui me passait par la tête. « Tu as bien fait, m’a dit Mike en riant quand je lui ai raconté ce qui s’était passé. Cela dit, faut se méfier : Susan est une garce, mais elle a peut-être agi sur commande : « Vanity » est dans le rouge, ils ont besoin de scoops… Heureusement, Noel sera là demain ». —« C’est qui, ça, Noel ? » —« Je t’ai pas dit ? Noel, ton assistant personnel, arrive demain. C’est une idée de Donna. C’est bien, non ? »