La revue de presse people et pas bête

 

Prince ou la mort pourpre, la reine d'Angleterre et les femmes, Léa Salamé, "princesse bobo"

Mais aussi l’affaire « culotte et élastique » de Michel Sapin, l’enquête sur « le traître de l’Elysée », Jacques Chirac et Laurence, les chefs d’œuvre « toxiques », « empoisonnés » de Damien Hirst et, et, et… Shakespeare plus féministe que les féministes !

 

La disparition de Prince nous a cueillis, jeudi soir, sans prévenir. A en croire certains, le chanteur, lui-même, s’y préparait. Vrai, faux ? Voilà ce qu’on sait.


Prince et la nébuleuse pourpre

Prince après Bowie, ça fait beaucoup. C’est pas comme si, en plus, on avait eu le temps de se remettre. Je sais pas, vous, mais, trois mois plus tard, David, le magnifique, je ne peux toujours pas l’écouter. Quant à me repasser « Cream » ou « Raspberry Beret », autant dire que c’est pas gagné. The Guardian le notait vendredi : depuis janvier, les disparitions se sont enchaînées à un tel rythme que « la page nécro du journal n’a pas suffi à les contenir toutes ». Si c’est pas dingue, ça… Pour expliquer ce phénomène inédit, le quotidien avance l’idée qu’ « avec le Net, la multiplication des chaînes de télé, la célébrité (aurait) beaucoup changé ces dix dernières années ». Selon The Guardian, elle toucherait en effet un plus grand nombre de personnes, on y serait donc, aussi, beaucoup plus sensible. C’est pas faux. En même temps, on parle de Bowie et de Prince, là : on n’a pas attendu le Net pour les aimer… comme d’ailleurs ils le méritaient ! Faut-il le regretter ? Le Net nous permet aussi de dire à quel point, sans que l’on sache vraiment pourquoi, ces voix, ces hommes, nous manquent. Est-ce artificiel, sincère, calculé ? On n'a pas pu s'empêcher d'être ému en découvrant sur Twitter la « nébuleuse pourpre » que la NASA a dédiée à l'auteur de "Purple Rain".



Prince se savait-il condamné ?

On vous l’annonçait dans la revue de presse du 26 mars : Prince avait commencé à rédiger ses Mémoires avec son frère, Dan. Intitulé « The Beautiful Ones », le livre devait paraître en 2017 chez Spiegel & Grau, une filiale de Penguin Random House. La publication se fera-t-elle, malgré tout ? Mystère… Pour TMZ qui a, le premier, annoncé le décès du chanteur, ces Mémoires sont en tout cas « la preuve que la mort de Prince n’était pas quelque chose d’inattendu ». Un peu trop catégorique, peut-être, TMZ… Histoire d’enfoncer le clou, le site indique que l’atterrissage en urgence et l’hospitalisation de l’artiste n’étaient pas dûs à une « grippe » mais à une « overdose médicamenteuse ». Plus troublant : lors d'un concert donné peu après sa sortie de l’hôpital, Prince aurait lâché à ses fans : « Gardez vos prières pour dans quelques jours ». Une phrase pour le moins étrange… En même temps, est-ce si important ? Une autopsie est en cours, dont on aura tôt ou tard les résultats. Le fait est qu’on aurait préféré qu’il n’y en ait pas.



Jacques Chirac effondré

Le 14 avril, vous le savez, Laurence Chirac s’éteignait. VSD nous l’apprend, photos à l’appui : « Jacques Chirac, bien que très diminué, a voulu se rendre, une dernière fois, dans l’appartement de son aînée, le 15 avril ». Sur les clichés, dont on se serait bien passé, on voit en effet l’ancien président, sa femme et sa fille Claude tentant de s’abriter « derrière une haie de parapluies ». Où va se loger le « besoin d’informer »… c’est effrayant.

D’après Gala, qui publie les photos des funérailles, célébrées le 16 avril à l’église Sainte-Clotilde, dans le VIIe arrondissement, à Paris, Jacques Chirac, « sous le choc, au bord du malaise, (…) n’a pas trouvé la force d’assister à l’inhumation de sa fille ». Celle-ci s’est, de fait, déroulée « dans la plus stricte intimité », en présence de Bernadette, de Claude — de François Pinault, aussi, dont le magazine nous apprend qu’il a « aménagé chez lui un appartement médicalisé pour l’ancien président ». Ca fait lourd, tout ça…

Le plus triste, le plus déchirant n’est pas là, pourtant, mais dans une image gaie, radieuse, publiée dans Paris-Match. On y voit Jacques Chirac, la trentaine, beau comme un camion, fier comme Artaban, tenant sur ses genoux Laurence, visage rond, petit corps potelé, sourire jusque-là, âgée de trois ans. A quoi ça tient, une vie ? Brrrr !



Mia et le sac de Queen Liz

Et pendant ce temps-là… Elizabeth II fête ses 90 ans. Fêter son 90e printemps le jour de la mort de Prince, en même temps, c’est pas un cadeau, même quand on est reine. Jusqu’à l’annonce de la mort du chanteur, en fin de journée, avant que ne débarquent les Obama, Liz a malgré tout eu « sa journée » : sur le Net, dans la presse écrite, on a beaucoup parlé d’elle, de sa garde-robe "arc-en-ciel", comme de ses chapeaux. En témoigne cette double page — assez magnifaïk, faut dire — tirée du supplément « The Queen of Style » inséré, jeudi, dans le Daily Mail :



Jusqu’à jeudi soir, il a beaucoup été question, également, des trois photos officielles de la reine par Annie Leibovitz, de celle où elle pose avec ses petits et arrière-petits enfants, en particulier. Comme le remarque Mashable, tout le monde, en effet, a littéralement fondu pour Mia, la fille de Zara Phillips, tenant dans ses menottes le sac de Super Great Granny — « un Launer à 1000 £ » (1300 €), rapporte le Daily Mail. D’après le quotidien, le cliché, pris à Windsor, à Pâques, n’était pas du tout préparé : la petite fille a spontanément ramassé le sac de son arrière-grand-mère — un « instant magique », en somme, qu’Annie Leibovitz s’est empressée d’immortaliser...



Queen Liz et les femmes

Plus surprenant est le cliché où Elizabeth II pose avec sa fille, Ann, dont on avait limite oublié l’existence… Pour le Daily Mail, cette photo « révèle le lien unique qui existe entre la mère et la fille ». « Depuis toujours, explique le journal, la Reine s’en remet à l’avis des femmes ». Après la mort de sa sœur la princesse Margaret et de la reine Mère, dont elle était très proche, elle s’est naturellement tournée vers sa fille, raconte le Daily Mail. A la différence de ses frères — Charles, Andrew et Edward —, Ann, malgré son divorce, s’est toujours montrée à la fois discrète, rassurante et fiable, ajoute le journal. Au plus fort de la « bourrasque Diana », c’est sur Ann que la reine s’est appuyée : à cette époque, assez rock’n’roll et pas follement glop, Elizabeth II «  s’échappait régulièrement dans le petit appartement d’Ann, à Dolphin’s Square », indique le quotidien. Parlante, la photo de Liz et d’Ann ? A tout le moins… Et cela d’autant plus qu’elle a été prise par une femme, Annie Leibovitz qui, nous rappelle le Daily Mail, a été la compagne de l'écrivaine Susan Sontag (décédée en 2004), avec qui elle a élevé… trois filles, dont deux nées d’une mère porteuse. Féministe, Queen Liz ? Etonnante, plus libérée, en tout cas, qu’il n’y paraît…



Qui est « le traître de l’Elysée » ?

Mais puisqu’on parle royauté, quoi de neuf au Château ? Cette semaine — comme un peu toutes les semaines depuis que les journaux ont cessé (ou n’ont plus les moyens, la liberté…) de faire des enquêtes — Le Point publie les bonnes feuilles de « L’Elysée off » de Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, publié chez Fayard. A la lecture des extraits, on apprend, notamment, qu’une enquête a été diligentée, suite à une plainte de Julie Gayet, pour tenter d’identifier l’auteur des photos volées de François Hollande et de sa compagne à l’Elysée publiées dans Voici le 21 novembre 2014. Et ? Et, d’après les auteurs du livre, l’enquête aurait un peu fait chou blanc. Fait étonnant : tout le monde, au Palais, d’après les journalistes, aurait été interrogé sauf… le fils de Valérie Trierweiler. « Parmi les occupants de l’aile privée ce week-end là aurait pu se trouver Léonard Trierweiler, rappellent des agents d’intendance. (…) Une chose est sûre, notent au final Marteau et Zemouri : après cette fuite, François Hollande a cessé d’héberger le jeune homme à l’Elysée ». Troublant, n’est-ce pas ? En même temps… en même temps, d’après VSD, et comme on l’indiquait, toujours, dans la revue de presse du 26 mars, François et Julie auraient jugé opportun de remplacer « la précédente équipe de majordomes affectés au service privé, soupçonnée d’abriter l’auteur de la photo volée (…) par trois marins, avec lesquels le couple est en confiance ». Qui, de Léonard ou des majordomes, a fait fuiter les clichés ? On ne le saura sans doute jamais, mais on s’en remettra, va…



Michel Sapin, la culotte et l’élastique

Surprise ! Dans Closer, aussi, on peut lire les bonnes feuilles de « L’Elysée off » de Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri… Oh bah, oh bah, si les people laissent aussi tomber les enquêtes et ne s’en remettent plus qu’à des livres, comme le font les hebdos, qu’est-ce qu’on va faire, nous, hmm ? Oh ben, c’est pas compliqué : on va faire comme avec les hebdos, on va arrêter de les acheter. Si on doit lire la même chose partout, autant que ce soit gratuit, hein ! C’est fou, quand même, la façon dont les journaux se sabordent tout seuls ! C’est à se demander ce qui se passe dans la tête de ceux qui les font. Passons. Revenons à nos moutons : Closer, donc, publie des infos extraites du livre de Marteau et Zemouri — des infos un poil différentes de celles publiées dans Le Point : des infos, disons, plus « croustillantes ». Entre autres choses, on apprend en effet que le ministre des Finances Michel Sapin se serait amusé à… faire « claquer l’élastique de la culotte » d’une journaliste en plein forum économique de Davos . « Michel Sapin apporte un démenti catégorique aux allégations inexactes et calomnieuses contenues dans un livre publié ces derniers jours, a indiqué sa chargée de communication vendredi après-midi sur Twitter. Michel Sapin, a-t-elle ajouté, se réserve le droit d’engager toute action nécessaire pour faire respecter la réalité des faits ». Antantion, ça rigole plus ! Ca n’a pas empêché non plus l’apparition et l'envolée, en début de soirée, des hashtags #culottegate #sapingate et #SapinDemission



Léa Salamé, « princesse bobo »

Mais changeons de sujet, hmm ? En passant au kiosque, le GQ de mai nous a fait de l’œil. Avec Nikolaj Coster-Waldau, alias Jaime Lannister de "Game of Thrones", en couverture, c’était pas bien difficile, en même temps. A la veille du lancement de la saison 6, difficile de résister. Comme l’enquête sur « la dernière nuit de l’ancien PDG de Total », Christophe de Margerie — dont, au final, il ne ressort rien —, le portrait de Nikolaj nous a, hélas !, méchamment laissé sur notre faim. De l’homme, de ce qui fait son moteur, sa soif, ses envies — son « ressort » —, on n’apprend rien. On ne ressent pas « sa chair », ce qui le fait vibrer, quoi. Dommage. Trois fois dommage, hmmpffff !

En lisant le journal, on est tombé sur… « la grande interview » de Benjamin Biolay par Léa Salamé. Un grand moment. « Si vous aviez été (au Bataclan), vous seriez mort ? », lui demande-t-elle, notamment. Connue pour son "impertinence", sa "liberté de ton", la journaliste démarre, bille en tête : « Je vais essayer de ne pas parler de votre réputation de bobo ni du côté prétentieux, on va essayer de sortir du cliché… », lance-t-elle à Biolay. —« Si vous voulez, répond le chanteur, on peut parler de nos réputations de bobos respectives ! » —« Moi, bobo ? », réagit l'intervieweuse. —« Ah oui, réplique Benji, vous êtes considérée comme une princesse bobo » —« Alors princesse et bobo, ça ne va pas ensemble… c’est atroce ! » Atroce, on te le confirme, miss Salamé. Ah, il t'a bien eue, Benji Biolay !



Les chefs d’œuvre "toxiques" de Damien Hirst

Un peu de culture, avant de finir ? Vous connaissez Damien Hirst ? Non, non, ne dites pas non ! Le requin, le mouton, l'agneau — entiers ou tronçonnés — plongés dans le formol et exposés dans les plus grands musées, sûr que vous les avez vus, que vous en avez entendu parler ! Si vous ne connaissez pas, regardez et . Figurez-vous… figurez-vous que, d’après le Times, ces petits bestiaux laissent échapper, à travers leurs vitrines, une quantité de formol très supérieure au seuil autorisé… Une étude, menée par une équipe de chercheurs italiens, l’a prouvé. Les visiteurs de la Tate Gallery de Londres où sont exposées ces œuvres, ne sont pas en danger, précise le journal. Le personnel du musée, lui, l’est, par contre. Quant aux collectionneurs qui ont acheté les "natures mortes" du Maître (vendus aux alentours de 10 millions d’euros), ils seraient, semble-t-il, bien avisés de ne pas vivre trop « au contact » de leurs précieuses acquisitions, voire de s’en débarrasser. Aux dernières nouvelles, la société de Damien Hirst, Science Ltd, n’a pas souhaité commenter ces informations…



Shakespeare plus féministe que les féministes

Vous le savez : on fête ce 23 avril le 400e anniversaire de la mort de William Shakespeare. Depuis un mois, l’Angleterre tout entière célèbre « le barde » — comme on l’appelle outre-Manche (on vous renvoie ici, encore une fois, à la revue de presse du 26 mars). Dans son édition de jeudi, The Guardian se fendait d’un gros et joli dossier sur l’auteur de « Hamlet ». Entre autres choses, écrit le journal, « Shakespeare était convaincu que les femmes sont plus que les égales des hommes. Si ces contemporains, pour la plupart, pensaient qu’elles leur étaient inférieures, lui s’employait à démontrer que les femmes sont plus intelligentes que les hommes — exemples : Béatrice dans « Beaucoup de bruit pour rien », Rosalinde dans « Comme il vous plaira », ou encore Portia dans « Le marchand de Venise » » William, William, tu sais que tu nous plais, toi ? Ah, ça revigore, des hommes comme ça, qui jouent pas avec les petits élastiques, là ! Sur ce, bon week-end, les lapins, profitez bien !