La revue de presse people et pas bête

 

Brigitte, le chevalier Macron et les Français jambons

Mais aussi « le côté obscur du « Petit journal » », Roman Polanski et « les petits cons de Daech », la drôle de chanson d’Edward Snowden et de Jean-Michel Jarre, les premières images du premier « film peint à la main » et, et, et… un — très — grand musée en pleine révolution féministe !


 

« Une bêtise », l’interview de Brigitte Macron dans Paris-Match ? C’est ce qu’a dit, vous le savez, son ministre de mari jeudi, alors que venait tout juste de paraître l’article. Mais alors, pourquoi l’avoir faite, cette interview, hmmm ?


Une interview volée… autour d’une tasse de thé

D’après Emmanuel Macron, interpellé sur le sujet au sortir d’une conférence sur l’avenir de l’Europe à Londres, l’interview se serait faite un peu à l’insu du plein gré de Brigitte et sans que lui en ait vraiment connaissance : « Mon épouse, à laquelle je tiens beaucoup, a parlé à une journaliste de « Paris-Match », a-t-il expliqué. Mon épouse, elle ne connaît pas le système médiatique, elle le regrette d’ailleurs profondément ». Madame Macron se serait-elle donc fait « piéger » ? L’album des photos privées du couple Macron publié dans l'hebdo — Brigitte et Emmanuel au ski, au concert de U2, au Salon du livre de Paris avec le MoDem Jean Lassalle ( !?), Emmanuel avec son chien Figaro, donnant le biberon à Elise, « l’une des petites-filles de sa femme » — leur aurait-il subrepticement échappé ? Pas vraiment ! Il suffit, pour s’en convaincre, de lire l’article de Caroline Pigozzi dans Paris-Match : « Jeudi 7 avril, écrit la journaliste. Nous sommes installées à l’heure du thé sur la terrasse parisienne du Zeyer, au carrefour Alésia (…). Brigitte Macron (…) a décidé de faire relâche après les émotions de la veille, quand, à Amiens, l’homme de sa vie a lancé son mouvement ». Tout était donc minutieusement planifié : d’abord, l’annonce du lancement de « En Marche ! », ensuite l’interview de Madame dans « Match ». Un plan com’ classique, à l’ancienne, même, qui peut surprendre de la part d’un homme résolu à « construire quelque chose d’autre » et à « faire place aux idées neuves »


Brigitte et le chevalier Macron

Ambigu dans ses explications, Emmanuel Macron ? Pas seulement au regard des circonstances dans lesquelles s’est faite l’interview… Difficile, en effet, de comprendre si le ministre endosse la responsabilité de « la bêtise » ou si la faute incombe à son épouse. « C’est une bêtise qu’on a faite ensemble », dit-il, « c’est sans doute une maladresse, je l’assume pleinement et ce ne sera pas une stratégie que l’on reproduira ». Etonnant, quand même, cette façon de balancer entre le « on » et le « je »… Si on décrypte, « on » a fait une bêtise ensemble, « on » ne recommencera pas, « j’ » assume complètement. En d’autres termes : c’est pas moi, c’est elle, mais je prends tout sur moi. Quelle magnanimité, quand même ! Comme le dit Brigitte Macron dans Paris-Match, son mari est un vrai « chevalier »…


Et les Français sont des jambons

En disant que son épouse « ne connaît pas le système médiatique (et qu’)elle le regrette d’ailleurs profondément », Emmanuel Macron laisse entendre qu’elle s’est laissé abuser par méconnaissance du « système médiatique ». Après vingt ans passés aux côtés d’un énarque, ex-banquier, nommé ministre de l’Economie il y a quatre ans, franchement, vous y croyez, vous, à Brigitte totale oie blanche ? Comme le rapportent Paris-Match et Gala, l’épouse dévouée a arrêté d’enseigner pour se consacrer totalement à son mari. Elle assiste à « la réunion hebdomadaire d’agenda avec les membres du cabinet », précise Match. « Lorsque Emmanuel Macron prend la parole en public », complète Gala, « le rituel est toujours le même. L’épouse du ministre de l’Economie et des Finances se cale dans le fond de la salle et prend des notes ». Et le soir, « ils débriefent ». Quand, bien sûr, ils se retrouvent seuls. Dans Match, Caroline Pigozzi raconte en effet que Brigitte Macron « organise ses dîners de travail, parfois d’amis, dans la très moderne salle à manger du ministère, et lui aménage des parenthèses culturelles en lui faisant rencontrer les artistes qu’il admire ». C’est vrai que ces derniers temps, et comme le faisait remarquer Gala il y a un mois (voir la revue de presse du 20 mars), l’épouse du ministre de l’Economie est partout où il faut être : à la Fashion Week, comme aux soirées de premières… Pas très au fait du « système médiatique », Madame Macron ? Et les Français sont des jambons ? Le penser, là est « la bêtise ». La seule, l'unique et la définitive.


« Le côté obscur du « Petit Journal » »

Mais puisqu’on parle médias… Le Point publie cette semaine une enquête au karcher sur… « Le Petit Journal » de Canal+. Et, plus précisément, sur Bangumi, la société dirigée par Yann Barthès et Laurent Bon qui produit l’émission. D’après les témoignages, tous anonymes, recueillis par l’hebdo, il y règnerait une ambiance pas franchement cool. « Les plus intrépides, indique Le Point, osent même un parallèle avec les récentes accusations d’humiliations chez Cyril Hanouna, en « moins bourrin », quand même. « Tu dois servir la cause. C’est hypervertical comme fonctionnement, presque une secte » ». Wow, wow, wow…


« « Le Petit Journal » Bolloré-compatible ? »

Impossible de détailler ici la longue enquête du Point, qu’il faut lire absolument. Outre « le mode de fonctionnement » du tandem Yann Barthès/Laurent Bon, « comparé à celui de « Bergé et Saint-Laurent », l’hebdo pointe du doigt un certain parti-pris, et parle même, exemples à l’appui, de « montages tendancieux ». Plus préoccupant ? Alors que « Le Petit Journal » se présente comme un symbole de la parole ouverte et libre, il serait, d’après l’hebdo, et contre toute attente, plus « Bolloré-compatible » qu'il ne le paraît. Interviewé par Le Point, le journaliste Luc Chatel, auteur des « Tartuffes du petit écran » (Gawsewitch éditeur), fait en effet cette observation : « Qu’a fait « Le Petit Journal » sur les paradis fiscaux ou les banques, où les enjeux sont autrement plus importants ? On joue les rebelles à peu de frais ». Et chboing !


Polanski et « les petits cons de Daech »

Très en forme, Le Point, décidément, côté people — beaucoup plus que ses confrères attitrés, focalisés sur Jenifer célibataire et Gad Elmaleh super papa. De la bombe, quoi. A l’occasion de la réédition des Mémoires de Roman Polanski (« Roman par Polanski », Fayard), Le Point publie une longue interview du sulfureux qui, ma foi, se laisse lire… « Pour vous qui avez filmé le mal, lui demande notamment le journal, Daech fait-il un sujet de cinéma ? ». « Absolument pas, répond le réalisateur. Il n’y a rien de plus bas que ça. Le mal ? Une bande de petits cons. Détruire comme ils le font des monuments qui ont survécu aux guerres et aux tremblements de terre… A mon avis, il y a beaucoup de problèmes sexuels là-dedans, les 72 vierges pour eux, c’est réel… » Et youhou ! Ca, c’est envoyé, Mr P. !


La drôle de chanson d’Edward Snowden et Jean-Michel Jarre

Et côté culture, quelles nouvelles ? Des grandes, et des étonnantes, en vrai ! The Guardian nous l’a appris vendredi : Jean-Michel Jarre et Edward Snowden ont enregistré « une chanson » ensemble. Non ? Si. Enfin, en fait de chanson, c’est plutôt un morceau techno entrecoupé de paroles, parlées, pas chantées, dites par Snowden. Vous pouvez l’écouter ici, sur Spotify. Baptisé « Exit », il fait partie de l’album « Electronica 2 : The Heart of Noise » de Jean-Michel Jarre, qui sortira le mois prochain, auquel ont par ailleurs collaboré les Pet Shop Boys et le rappeur Peaches. C’est grâce au Guardian, qui a révélé l’affaire NSA, que la collaboration du compositeur et du lanceur d’alerte a été possible. A l’issue d’une interview qu’il avait donné au journal l’an dernier, Jean-Michel Jarre avait en effet demandé au quotidien s’il pouvait le mettre en relation avec Edward Snowden, ce qu’il a fait... 


Les premières images du premier « film peint à la main »

On vous en parlait dans la toute première revue de presse people et pas bête du 8 mars : un producteur un peu dingo du nom de Hugh Welchman s’est mis en tête de réaliser le premier film d’animation fait entièrement à partir de tableaux de Van Gogh dans lesquels sont « incrustés » de vrais acteurs, en chair et en os. Si la date de sortie du film n’est pas encore fixée — aux dernières nouvelles, il était question de la rentrée, en Angleterre, en tout cas —, Vulture a mis en ligne jeudi les toutes premières images du film, que vous pouvez voir ici. Et c’est très zouli !


Un grand musée (enfin) à l’heure des femmes

On vous l’annonçait aussi, dans la revue de presse du 8 mars : pour sa réouverture le 17 juin, après de colossaux travaux estimés à 26 millions de livres (près de 33 millions d’euros), la Tate Modern de Londres présentera la première grosse exposition consacrée à Georgia O’Keefe — la dame qui peignait des fleurs comme des vagins, oui. Et il semble que ce choix soit tout sauf anecdotique… D’après The Guardian, la nouvelle directrice du musée, Frances Morris, nommée il y a à peine deux semaines, s’est en effet fixé pour mission de « révéler la véritable histoire de l’art et la part, sous-estimée pour bien des raisons, que les femmes y ont prise. On ne va pas célébrer les femmes pendant six mois, pour ensuite les renvoyer dans leurs foyers ! », a-t-elle déclaré. Bravo, Frances ! Ca, c’est parler ! Sur ce, les petits loups, bon week-end, profitez, butinez et cultivez bien votre petit jardin…